En quoi consiste la transition énergétique ?

Les éoliennes terrestres sont pour le moment la source d’énergie verte la moins chère. © Pixabay

La maîtrise du feu est une étape clé dans l’évolution humaine. Depuis ce tournant majeur, des découvertes technologiques n’ont cessé d’améliorer notre confort quotidien mais souvent au détriment de l’environnement. C’est pourquoi il est aujourd’hui question de transition énergétique pour une Belgique plus verte !

Nous entendons régulièrement parler du plan de délestage qui met en lumière les risques de pénurie auxquels la Belgique doit faire face. Mais alors que notre pays essaie d’assurer son approvisionnement énergétique, le réchauffement climatique continue de s’accélérer. C’est en tout cas ce qu’affirment des chercheurs de l’université de Standford dans une étude publiée en septembre 2015.

Selon eux, il n’y a pas eu de ralentissement comme l’avaient annoncé de précédents travaux : « l’apparente pause dans le rythme récent du réchauffement, qui a largement été accepté comme un fait, est en réalité un signal artificiel créé par des biais dans les méthodes statistiques ». Résultat, la transition énergétique est urgente pour mettre un terme à la hausse du thermomètre planétaire. Mais en quoi consiste-t-elle ? Quelles sont les différentes pistes étudiées ? C’est ce que nous allons voir tout au long de ce guide consacré à l’avenir énergétique du plat pays.

La définition de la transition énergétique

La transition énergétique, c’est quoi ? Elle désigne l’abandon de certaines énergies (fossiles et parfois nucléaire) au profit d’un modèle de production et de consommation plus durable. Un tel passage est crucial pour faire face à différents enjeux :

  • l’évolution des prix du gaz et autres énergies suivant le marché et les spéculations monétaires ;
  • l’approvisionnement en énergie ;
  • l’épuisement des ressources naturelles ;
  • la protection de l’environnement.

Bien sûr, le développement des énergies renouvelables est au centre de ce concept mais il est également important de noter la volonté de moins consommer. Pour laisser une planète plus verte aux générations suivantes, nous devons absolument réaliser des économies d’énergie en changeant en autres nos modes de vie. Si la tâche parait compliquée et idéaliste aux yeux de certains, la Belgique étudie néanmoins différents scénarios pour y parvenir.

Les enjeux de la transition énergétique

1. La situation énergétique en Belgique

Essayons d’abord de comprendre pourquoi une transition énergétique est réellement nécessaire.

Notre pays produit essentiellement de l’énergie issue de sources non renouvelables. Selon le rapport annuel 2015 de la Febeg, la production d’électricité en Belgique est principalement nucléaire (37,5 %) et thermique (38,4 %). Seulement 12 % de l’électricité produite est issue du solaire et de l’éolien.

Bien que la part des énergies renouvelables dans notre consommation énergétique globale augmente, elle reste également sur ce plan plus faible que celle du pétrole, du gaz et du nucléaire.

Pour satisfaire nos besoins énergétiques, nous sommes obligés d’importer du gaz et du pétrole. Selon l’APERe, « chaque année en Belgique, le secteur énergétique requiert à lui seul l’importation de plus de 60 millions de tonnes de matières combustibles ». Mais ce n’est pas tout, nous devons aussi faire appel à nos voisins pour nous vendre de l’électricité. Nous dépendons donc largement de l’extérieur et cette situation comporte certains risques, les prix et les quantités de l’énergie fluctuant selon les événements internationaux.

Insécurité d’approvisionnement, inévitable épuisement, pollution atmosphérique… Les raisons qui poussent la Belgique à revoir son utilisation des énergies fossiles sont donc nombreuses !

2. Le réchauffement climatique

Désert
© Pixabay

En matière d’écologie, la Belgique a fort à faire. Elle serait le « cinquième pays du monde présentant l’empreinte écologique la plus élevée par habitant » selon le rapport « Planète Vivante » du Fonds mondial pour la Nature (WWF) publié en septembre 2014. Elle se classe ainsi après le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Danemark.

L’empreinte écologique, en résumé, est un indicateur évaluant les pressions qu’exercent les hommes sur les écosystèmes et la capacité de la Terre à se régénérer. Et celle de notre pays est importante : 7,47 hectares sont consommés par habitant alors que la moyenne mondiale est de 2,3 hectares. Si nous vous communiquons ces chiffres, c’est parce que la moitié de l’empreinte belge est causée par les émissions de CO2 générées par la consommation d’énergie des ménages et les transports.

Nous avons donc tous des efforts à fournir, d’autant plus que les émissions de CO2 participent à la hausse des températures à travers l’effet de serre. Appliquer de nouvelles politiques est par conséquent primordial pour diminuer de quelques degrés l’augmentation prévue par les spécialistes. Si ce n’est pas le cas, les glaces continueront de fondre, le niveau des océans de s’élever et ce seront 13 millions de personnes qui seront menacées en Europe par cette montée des eaux.

3. Les objectifs européens

En changeant de politique, la Belgique se donne également les moyens de respecter les objectifs déterminés dans le paquet Climat-Énergie 2020. Mis en place en 2008 par l’Union européenne, il comprend plusieurs quotas à atteindre dont la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport au niveau de 1990. Quant au renouvelable, notre pays s’est engagé à atteindre le score de 13 % d’énergies vertes dans son mix énergétique.

Mais après 2020, qu’est-il prévu ?

L’UE a fixé quelques chiffres en matière de climat et d’énergie pour l’horizon 2030 :

  • réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre ;
  • atteindre une participation des énergies renouvelables d’au moins 27 % dans la consommation énergétique finale ;
  • diminuer d’au moins 27 % l’utilisation d’énergie : l’utilisation rationnelle de l’énergie (URE) est un concept essentiel de la transition énergétique dont le but est d’améliorer l’efficacité énergétique en consommant moins et mieux.

Quel avenir énergétique pour la Belgique ?

Plusieurs pistes sont étudiées par notre pays pour lutter contre le réchauffement climatique. Limiter notre utilisation d’énergie polluante en fait bien sûr partie tout comme repenser notre dépendance aux apports extérieurs. Voyons ensemble comment la Belgique envisage son nouveau système énergétique.

1. Les énergies fossiles

Charbon
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Nous l’avons dit, les énergies fossiles ne sont pas des sources d’énergie renouvelable. En plus de ne pas être inépuisables, elles ont des impacts néfastes sur l’environnement. Mais bonne nouvelle, la présence de charbon dans notre mix énergétique devrait nettement diminuer avant de complètement disparaître par la suite.

Si nous continuons d’appliquer notre politique actuelle, le Bureau du Plan estime toutefois que le pétrole et le gaz occuperont toujours une place importante dans notre consommation d’énergie finale. Dans son rapport de 2014 intitulé « Le paysage énergétique belge : perspectives et défis à l’horizon 2050 », l’organisme prévoit ainsi que la part de pétrole représenterait 35 % (au lieu de 41 % en 2010) tandis que le gaz resterait plus ou moins stable (environ à hauteur de 30 %).

Les chiffres sont donc clairs : si nous ne changeons pas notre relation aux combustibles fossiles, nous resterons dépendants de ces énergies. C’est un mauvais point pour notre autonomie énergétique étant donné que nous ne disposons d’aucun gisement. Et vous l’avez compris, leur utilisation est en plus contraire au respect de l’environnement.

2. Le nucléaire

La transition énergétique doit permettre de sortir du nucléaire mais les émissions de gaz à effet de serre pour ce type d’énergie sont moins élevées que pour le gaz ou le charbon. Du coup, il pourrait facilement faire office de remplaçant des combustibles fossiles.

Le nucléaire constitue déjà une part importante de notre production nationale et ses défenseurs arguent que sans lui, nous fonçons droit vers un black-out énergétique. Il faut également tenir compte qu’il permet d’assurer notre compétitivité économique avec des prix meilleurs marchés et des emplois à disposition. Et surtout, n’oublions pas que le nucléaire nous permet pour le moment de maintenir une certaine autonomie.

Tous ces arguments rejoignent l’opinion du gouvernement Michel. D’ailleurs, vous n’avez pas pu manquer en 2015 la saga de la prolongation des centrales nucléaires de Doel 1 et Doel 2. Atteignant la quarantaine, elles étaient censées fermer mais le gouvernement et la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem en ont décidé autrement. Elles resteront donc en activité dix ans de plus que prévu, c’est-à-dire jusqu’en 2025.

La transition semble donc se faire plus en douceur qu’il n’avait été annoncé.

3. Les énergies renouvelables

Barrage
© Pixabay

Autre alternative aux énergies polluantes : les énergies vertes ! Comme leur nom le sous-entend, elles sont durables et n’émettent presque pas, voire pas du tout, d’émissions néfastes à notre planète. Elles existent sous cinq formes différentes et permettent de fournir principalement de l’électricité :

Par ailleurs, le problème souvent évoqué lorsque nous parlons des énergies renouvelables (EnR en abrégé) est leur présence en trop faible quantité. Si nous sommes assurés de pouvoir en profiter sur la durée, nous devons par contre augmenter notre production. Comment ? En fait, la quantité disponible dépend de plusieurs facteurs :

  • des surfaces réservées à l’exploitation des sources renouvelables ;
  • des spécificités énergétiques locales des sources ;
  • de la performance des systèmes de conversion utilisés.

Développer les EnR, ce serait donc ça le secret ?

Selon Christophe Degrez, CEO de Eneco Belgique, « investir dans les énergies renouvelables garantira notre sécurité énergétique. Notre pays pourra produire en 2030 à peu près la même quantité d’énergie provenant de sources renouvelables que celle provenant de l’énergie nucléaire aujourd’hui. »

En outre, d’après Damien Vincent, CEO du WWF-Belgique, l’investissement dans les énergies vertes serait également bénéfique pour l’économie du pays. Et oui, il a avancé le chiffre de 32 500 emplois qui pourraient être créés en 2030 !

Il faut toutefois reconnaître que la Belgique doit faire face à certains obstacles :

  • les éoliennes ne s’implantent pas à n’importe quel endroit ;
  • les panneaux photovoltaïques ne peuvent fournir un maximum d’énergie à tout moment à cause du climat ;
  • aucun volcan à signaler sur le territoire pour rivaliser avec l’Italie et sa production énergétique géothermique ;
  • coût élevé de ces technologies…

Bref, le développement des EnR veut aussi dire beaucoup de défis à relever et des choix à faire avec une vision à long terme !

Une transition jouable d’ici 2050 ?

La source d’énergie irréprochable n’existe pas, c’est certain. Cependant, il faut admettre que les EnR comportent bien des avantages par rapport aux autres types d’énergie. Surtout que la technologie s’améliore sans cesse ! La marge de progression est donc importante.

Plusieurs scénarios ont été mis en place afin d’évaluer leurs différents développements. Alors, le 100 % renouvelable d’ici 2050, jouable ou non ? Il semblerait que oui pour les études les plus optimistes ! Elles mentionnent toutefois que ce virage ne s’opérera pas facilement. Parmi les nombreux obstacles à franchir se trouve le besoin d’investissements importants. Les interrogations sur les moyens financiers sont d’ailleurs nombreuses : faut-il repenser les primes énergie et les subsides accordés ? Où trouver de nouveaux fonds ? Un changement de la fiscalité serait-il opportun, en taxant par exemple les produits polluants ?

Selon une étude réalisée par le Bureau du Plan, l’Institut de conseils et d’études en développement durable (ICEDD) et l’Institut flamand de recherche technologique (VITO), ne dépendre plus que des EnR induit quelques conditions.

Premier point : mieux produire et mieux consommer

Concrètement, cela veut dire d’utiliser des produits peu polluants, de consommer intelligemment en gérant efficacement les déchets et le recyclage, de privilégier le local, de limiter nos déplacements, d’isoler correctement notre logement…

Deuxième point : abandonner le fossile pour le tout électrique

Notre consommation électrique serait assurée grâce aux EnR. Nous devons pour cela varier notre production. Toujours selon cette étude intitulée « Vers une énergie 100 % renouvelable en Belgique d’ici 2050 », ce sont les panneaux photovoltaïques qui assureraient la majorité de notre approvisionnement en 2050.

La fin des importations en électricité n’est toutefois pas prévue avant longtemps. La fermeture des centrales en 2025 nous obligera en effet à acheter de l’énergie afin de compléter les parts pas encore couvertes par les EnR.

Le mot de la fin ? Pour vivre uniquement avec de l’énergie 100 % renouvelable, des investissements et des adaptations devront obligatoirement avoir lieu. Mais a-t-on le choix ? Les efforts à venir ne valent-ils pas la peine pour diminuer la pollution et les dégâts néfastes sur notre santé (maladies respiratoires, cancers…) et sur l’environnement ?

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