L’énergie, grande responsable de la pollution atmosphérique ?

L'AIE a souligné la responsabilité de la production et de la consommation d'énergie dans la pollution de l'air. © Pixabay

La pollution atmosphérique est le mal du siècle. Chaque année, l’air que nous respirons provoque des décès prématurés. Ce constat accablant constitue le point de départ du dernier rapport en date de l’IEA qui propose des solutions afin de satisfaire la demande en énergie tout en luttant contre les émissions nocives.

6,5 millions de morts prématurées par an, soit 18 000 par jour. Voici l’une des innombrables conséquences de la pollution atmosphérique. Largement liée au secteur énergétique, elle a fait l’objet de la dernière étude « World Energy Outlook » de l’IEA, l’Agence internationale de l’énergie. En plus de dresser un état des lieux de la situation, l’organisation émet dans ce document des projections jusqu’en 2040. L’un des enseignements à en tirer ? Si nous ne changeons pas la façon dont nous produisons et utilisons de l’énergie, nous continuerons à voir le bilan humain s’alourdir.

D’ailleurs, la pollution générée par nos activités constitue la quatrième plus grande menace pour notre santé. Elle arrive ainsi derrière l’hypertension, les risques alimentaires et le tabagisme. Autrement dit, elle provoque plus de décès que le sida, la tuberculose et les accidents de la route, comme le rappelle l’IEA.

La faute à la pauvreté et aux combustibles fossiles ?

Selon l’IEA, la pollution atmosphérique liée au secteur de l’énergie est principalement due à deux phénomènes : la pauvreté et le développement intensif des combustibles fossiles.

  1. La pauvreté : dans le monde, plus de 2,7 milliards de personnes utilisent du bois ou d’autres combustibles solides pour cuisiner et du kérosène pour s’éclairer. Le problème ? Ces différentes sources créent des environnements enfumés responsables d’environ 3,5 millions de morts prématurées chaque année. Celles-ci surviennent surtout en Asie et en Afrique subsaharienne où la combustion incomplète de la biomasse génère plus de la moitié des émissions de particules fines. Dix fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu et en suspension dans l’air, ces dernières peuvent facilement pénétrer dans notre organisme. Embêtant quand on sait qu’elles sont à l’origine de graves maladies, notamment respiratoires. À noter que la combustion incomplète se manifeste lorsque l’appareil de chauffage (poêle, chaudière) utilisé a un mauvais rendement. Mieux vaut donc se procurer une installation de bonne qualité pour limiter le rejet de particules.
  2. Le développement intensif des combustibles fossiles : le charbon et le pétrole ont participé à la croissance économique de nombreux pays mais la pollution causée par leur combustion incessante a des impacts considérables sur notre santé.

Évolution de la pollution d’ici à 2040

Dans son rapport, l’Agence internationale de l’énergie imagine l’évolution des émissions polluantes jusqu’en 2040. Que donnent ces prévisions ?

Dans les pays développés, la pollution de l’air devrait diminuer d’ici à 2040 en raison des contrôles de pollution renforcés, d’une plus faible demande énergétique et de la transition vers un système plus vert. D’ailleurs, l’IEA projette que plus d’un tiers de la croissance prévue pour l’utilisation d’énergie sera satisfaite par des sources n’émettant pas de polluants atmosphériques. Par exemple, le vent et les énergies solaire, hydraulique et nucléaire.

Par contre, la pollution devrait augmenter en Inde, en Asie du Sud-Est et en Afrique à cause de la pression démographique ainsi que de la hausse de la consommation et de l’urbanisation. Une situation différente de celle de la Chine qui profite depuis récemment d’une baisse des émissions polluantes. Grâce à l’attention qu’il porte à la qualité de l’air, ce pays devrait voir cette tendance se confirmer à l’avenir avec notamment un mix énergétique comportant de moins en moins de charbon.

Comment réagir ?

En Asie, la pollution de l’air extérieur devrait encore faire de nombreuses victimes. Aujourd’hui, elle provoque plus de 3 millions de décès contre 4,5 millions en 2040. Face à cette hécatombe et à l’ampleur de la crise de santé publique, l’IEA propose plusieurs pistes de solution basées sur des technologies déjà existantes et des politiques ayant fait leur preuve dans diverses parties du monde :

  • Fixer un objectif à long terme ambitieux en termes de qualité de l’air ;
  • Déployer des politiques dans le secteur de l’énergie permettant d’atteindre l’objectif fixé ;
  • Assurer un suivi efficace des dispositions prises et une communication transparente ;
  • Lutter contre la précarité énergétique : l’Agence de l’énergie milite pour un accès universel à des combustibles de cuisson propres et à l’électricité.

Concrètement, l’IEA présente plusieurs mesures pouvant améliorer la qualité de l’air et à mettre en place selon les différents contextes régionaux et nationaux :

  • Limiter les émissions polluantes en fournissant des services énergétiques plus efficaces (normes plus strictes, plus grand soutien aux énergies renouvelables, alternatives aux carburants pour le transport…) ;
  • Innover pour réduire les coûts de dépollution ;
  • Réduire les émissions en instaurant des limites strictes sur par exemple les véhicules et la qualité du carburant.

Investir dans l’énergie serait donc l’une des clés pour diminuer le nombre de décès, comme l’annonce l’organisme :

« Une augmentation de seulement 7% des investissements énergétiques totaux sur la période allant jusqu’en 2040 (…) permettrait de réduire de 1,7 million le nombre de décès prématurés liés à la pollution de l’air extérieur en 2040, et de 1,6 million celui des décès liés à la pollution domestique. »

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