Aucun réseau internet ou mobile accessible : que faire ?

Si les zones blanches sont répandues dans certaines régions du monde, elles sont au contraire rares en Belgique. © iStock

La Belgique est l’un des pays les plus connectés au monde. Cependant, quelques rares endroits ne sont pas encore desservis par les opérateurs télécoms. Nous ne sommes donc pas tous égaux face à l’accès au haut débit ou aux réseaux mobile mais des solutions alternatives existent pour les ménages privés de connexion.

Le principe d’une zone blanche

Dans le domaine des télécommunications, une zone blanche désigne un territoire non desservi par un réseau de téléphonie mobile ou internet. Généralement, il s’agit de villages isolés oubliés par les innovations technologiques. Le sud de la Belgique, particulièrement le sud-est, est le plus concerné par le manque d’infrastructures performantes. La raison ? Cette région est plus boisée et moins peuplée.

Une zone blanche peut donc indiquer une absence du réseau de votre opérateur mobile ou du réseau haut débit fixe. La bonne nouvelle, c’est que pour la 2G (appels, SMS, internet mobile en EDGE), notre pays s’en sort bien puisque le taux de couverture est quasiment de 100 %. Quant aux autres technologies mobile, elles sont également très présentes.

Par exemple, d’après des données de l’IBPT datant de début 2017, plus de 99 % des Belges peuvent se connecter à la 4G via au moins un opérateur. Plus précisément, ce réseau était accessible à 100 % de la population chez Proximus, 99,93 % chez Orange et 90,01 % chez Base. Cependant, les cartes mises à disposition par le régulateur sur son site internet n’indiquent pas la qualité du réseau ou la vitesse de connexion. Et bien évidemment, ces informations sont précieuses pour se rendre réellement compte de l’état du réseau.

Carte du réseau 4G réalisée par l'IBPT
Couverture globale 4G en janvier 2017 © IBPT

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Quant au très haut débit, quel est l’objectif en Belgique ? Alexander De Croo, Vice-Premier ministre et ministre de l’Agenda numérique et des Télécommunications, souhaite que d’ici 2020, 50 % des connexions de notre pays aient un débit allant jusqu’à 1 Gb/s. En mars 2016, 93,6 % des logements avaient accès à une connexion de 30 Mb/s contre 91,1 % à une connexion de 100 Mb/s (vitesse de téléchargement théorique).

Carte de couverture de l’accès fixe à la large bande
Couverture globale des logements connectables à une connexion de 30 Mb/s © IBPT

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Du côté de l’Europe, le programme est moins ambitieux : l’Agenda numérique pour l’Europe, publié par la Commission européenne en mai 2010, demande à ce que les citoyens du « Vieux Continent » bénéficient pour 2020 d’un accès à l’internet à un débit supérieur à 30 Mb/s et que la moitié des ménages naviguent sur le web à une vitesse d’au moins 100 Mb/s.

Le déploiement du haut débit ? Une nécessité !

L’accès au web est aujourd’hui primordial tant pour le développement d’une activité économique que pour l’insertion sociale.

En Belgique, le très haut débit est une compétence fédérale. Cependant, pour assurer son déploiement sur tout le territoire, des concertations entre les différents acteurs (pouvoirs publics et intervenants privés) doivent obligatoirement avoir lieu. Ne serait-ce par exemple que pour les autorisations de travaux et l’organisation des chantiers. Cela inclut donc des échanges entre les Régions, les Communautés, les communes, les régulateurs mais aussi les opérateurs télécoms.

Ces derniers aident notamment à identifier les problèmes de connexion et à déterminer comment les résoudre. Grâce aux discussions menées, une analyse du marché peut être effectuée et une vision stratégique adoptée afin que les zones géographiques délaissées soient identifiées et prises en charge. Mais vous vous en doutez, les travaux d’aménagement ont un coût et reposent en grande partie sur le bon vouloir des fournisseurs d’accès à internet (FAI). De plus, les solutions techniques proposées ne sont pas toujours idéales pour les citoyens.

Les solutions en cas de connexion impossible

D’après le baromètre TIC 2015 de l’Agence du Numérique, 80 % des familles wallonnes sont connectées à internet. Si vous faites partie des personnes privées d’une connexion à l’internet classique, vous pouvez retrouver le sourire car des solutions de substitution existent pour remédier à ce problème !

Par exemple, plusieurs communes ont décidé de mettre en place un EPN, c’est-à-dire un « Espace Public Numérique ». Destiné à réduire la fracture numérique (clivage dans l’accès aux technologies informatiques), il consiste en un lieu où des ordinateurs sont mis à disposition des habitants. Concrètement, les appareils sont reliés à internet grâce à une camionnette équipée d’une antenne parabolique et d’un modem spécial. La connexion au haut débit s’établit alors via un satellite et le signal est ensuite diffusé grâce à un routeur Wi-Fi. L’avantage de ce système sans fil est d’être mobile : les PC peuvent être installés là où le besoin se fait ressentir.

Cependant, cette alternative est peu confortable pour les citoyens, d’autant plus que l’EPN n’est pas déployé tous les jours.

Autre solution : avoir sa propre parabole pour mettre en oeuvre une liaison par satellite. Sachez tout de même que cela revient assez cher : l’investissement pour le matériel est conséquent et vous aurez également à payer un abonnement mensuel auprès d’un opérateur.

Là où une connexion internet classique est impossible, vous pouvez aussi vous orienter vers l’achat d’une clé 3G ou 4G. Avant cela, assurez-vous sur la carte de l’IBPT que votre lieu d’habitation est couvert par le réseau concerné. Par contre, il est évident que ce système vous reviendra plus cher que si vous étiez relié à l’ADSL.

Le Wimax et le CPL, qui se sert des lignes électriques de votre maison pour faire passer internet, peuvent être des solutions envisageables.

Enfin, pour la téléphonie mobile, si vous ne captez le réseau d’aucun des trois opérateurs (Orange, Proximus, Base), vous pouvez utiliser la technologie femtocell. Proximus propose ainsi à ses clients une mini-antenne GSM capable d’amplifier la portée du réseau mobile lorsqu’elle est reliée à l’internet haut débit.

La Belgique, un pays très connecté

D’une règle générale, nous n’avons pas trop à nous plaindre en Belgique. D’ailleurs, en 2015, notre pays se situait à la 21ème position dans le classement du pays le plus connecté au monde, établi par l’UIT (Union internationale des télécommunications). Pour le réaliser, trois critères ont été retenus : le niveau d’accès aux TIC (internet, téléphone, GSM) dans chacun des pays mais aussi leur utilisation et leur savoir-faire dans le domaine.

Toutefois, des zones blanches persistent toujours. Pour les restreindre, les pouvoirs publics ont réfléchi à un ensemble de mesures reprises dans le plan pour un internet à très haut débit en Belgique (2015-2020). Vous y trouverez notamment les besoins d’inciter les investissements de la part des opérateurs et de stimuler l’utilisation du haut débit mobile (là où le fixe est indisponible) et le déploiement du Wi-Fi.

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