Quelles infrastructures amènent le gaz en Belgique ?

Les stations de compression permettent de soutirer un maximum de gaz d'un gisement. © Pixabay

Le gaz naturel est une source d’énergie que certains utilisent tous les jours. Il sert par exemple pour le chauffage et comme carburant. Cependant, la Belgique ne possédant pas de réserve, elle doit importer 100% de sa consommation. Par conséquent, le gaz parcourt un long chemin avant d’arriver dans nos maisons.

En Belgique, le réseau de transport du gaz naturel est géré par le gestionnaire de réseau de transport (GRT) Fluxys. Quant au réseau de distribution, il est sous la responsabilité des gestionnaires de réseau de distribution (GRD).

Les modes de transport du gaz jusqu’en Belgique

Les gazoducs : le transport efficace du gaz naturel

Les gazoducs sont des canalisations destinées à transporter le gaz naturel depuis les zones d’extraction jusqu’aux zones de consommation ou d’exportation. Ces tubes d’acier épais disposent d’un diamètre compris entre 20 cm et 1 m et leur longueur peut aller jusque 3 000 km.

Pour que le gaz puisse circuler dans ces gazoducs, il doit être comprimé. Lorsqu’il est sous pression, il occupe moins de volume et circule plus vite : il peut atteindre alors une vitesse de 40 km/h dans les gazoducs. Le gaz importé par la Belgique transite par deux types de canalisations. Il y a les gazoducs terrestres qui assurent le transport du gaz venant de la Russie et des Pays-Bas et les gazoducs sous-marins qui acheminent le gaz en provenance du Royaume-Uni et de la Norvège.

Bien que coûteux, les gazoducs constituent le moyen le plus efficace pour transiter le gaz naturel sur des distances raisonnables. Cependant, à cause de leur caractère stratégique, ils peuvent faire l’objet de sabotages dans les régions en conflit. Il a alors fallu développer un mode de transport supplémentaire.

Les méthaniers : le transport sous forme liquide

Pour le gaz venant d’outre-mer ou de pays avec lesquels la Belgique n’est pas reliée par pipeline, le transport s’effectue par méthaniers. C’est par exemple le cas pour le gaz venant du Qatar. Ces bateaux spécialisés dans le transport du gaz le véhiculent sous sa forme liquide. En abaissant sa température à -161°C, il devient liquide. Il prend alors un volume 600 fois inférieur à son volume sous forme gazière et peut être stocké dans les cuves des méthaniers.

Ces navires ont une capacité de 25 000 m³ de GNL mais doivent absolument être isolés thermiquement pour éviter toute perte d’énergie. La Belgique dispose d’un terminal méthanier à Zeebrugge qui permet aux bateaux de décharger le GNL qui sera ensuite regazéifié et injecté dans le réseau de transport belge.

La chaîne du gaz
Infographie réalisée par Total.

Les infrastructures de transport et distribution du gaz

Installations de stockage

Les installations de stockage permettent de réguler l’approvisionnement en gaz des consommateurs finaux en fonction de leurs besoins du moment. Elles nous prémunissent donc d’une coupure d’alimentation et constituent un tampon permettant de gérer les différences entre import et export de gaz. Par ailleurs, le stockage s’avère une méthode moins coûteuse que d’augmenter le débit dans les canalisations.

En Belgique, Fluxys gère le site de stockage souterrain de Loenhout où le gaz est conservé sous forme gazeuse dans des nappes aquifères à grande profondeur. Il existe également les centres de Zeebrugge et de Dudzele où le gaz est stocké sous forme liquéfiée.

Stations de compression

Comme nous vous l’indiquions plus haut, pour pouvoir circuler dans les gazoducs, le gaz doit être compressé. Or cette pression diminue peu à peu au cours du voyage du gaz à cause des frottements des molécules contre les parois des conduites. Les stations de compression sont donc disposées tout au long du gazoduc afin de compenser ces pertes en maintenant la pression dans le réseau.

En Belgique, les stations de compression de Weelde et Winksele compriment le gaz dans la canalisation en provenance de Poppel à la frontière néerlandaise vers Blaregnies à la frontière française. Quant à la station de Berneau, elle fait de même dans la pipeline allant de Fouron-le-Comte à la frontière néerlandaise jusqu’à Blaregnies.

Stations de détente

Les stations de détente sont le lien entre les canalisations à haute pression et les canalisations à basse pression. Dans une station de détente, la pression du gaz est diminuée pour l’adapter aux canalisations à basse pression. Le gaz naturel peut aussi être odorisé dans ces stations. En effet, vu qu’il ne sent rien, lui rajouter une odeur artificielle est nécessaire pour le rendre détectable en cas de fuite de gaz. C’est une mesure de sécurité majeure. Environ 200 stations de détente sont réparties sur le territoire belge.

Stations de mélange

La Belgique dispose de deux réseaux de transport adaptés aux deux types de gaz existants : le gaz à bas pouvoir calorifique, dit gaz Slochteren, et le gaz à haut pouvoir calorifique, dit gaz riche.

Dans les stations de mélange, le gaz naturel à haut pouvoir calorifique peut être transformé en gaz naturel à bas pouvoir calorifique pour compenser les éventuels déficits sur le réseau lors des pics de consommation en hiver. Cette conversion peut s’effectuer soit par injection d’azote (stations de Lillo et Loenhout), soit par appauvrissement en ajoutant du gaz naturel à bas pouvoir calorifique au gaz naturel à haut pouvoir calorifique (stations de Ville-sur-Haine et de Warnant-Dreye).

Réseau de transport

Le réseau belge compte un peu plus de 4 100 kilomètres de canalisations. Il est utilisé aussi bien pour le transport du gaz naturel en Belgique que pour le transport de frontière à frontière vers d’autres marchés de consommateurs finaux (le gaz ne fait que traverser le pays). Environ 19 milliards de mètres cubes de gaz naturel sont acheminés chaque année par Fluxys pour la consommation des Belges.

À ce réseau sont raccordés 17 gestionnaires de réseau de distribution qui se chargent d’alimenter en gaz les ménages et PME mais aussi plus de 250 consommateurs finaux industriels et centrales électriques.

Réseau de distribution

Le réseau belge de distribution est constitué de 60 000 km de conduites de gaz et est généralement exploité à des pressions inférieures à 15 bar. Il permet d’alimenter les particuliers et certains petits clients industriels à partir du réseau de transport. Ce réseau est géré par les gestionnaires de réseau de distribution spécifiques à chaque commune. Ils sont aussi chargés de veiller à la sécurité de l’approvisionnement énergétique des clients résidentiels ou professionnels.

Maintenant que vous savez tout sur les infrastructures qui transportent le gaz depuis leur lieu de production jusque chez vous, n’hésitez pas à comparer les offres des différents fournisseurs de gaz et commencez à économiser !

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