Pas de taxe supplémentaire pour les prosumers wallons en 2018 !

Les propriétaires wallons de panneaux photovoltaïques ne paieront pas de tarif de prélèvement avant 2019. © iStock

Voilà une bonne nouvelle pour les propriétaires wallons de panneaux photovoltaïques. Finalement, ils ne devront pas payer dès le 1er janvier 2018 la contribution désirée par la CWaPE, le régulateur wallon de l’énergie. Cependant, cette joie ne sera que de courte durée car la mesure est seulement postposée d’un an.

Les prosumers wallons, c’est-à-dire les personnes possédant des panneaux solaires, vont pouvoir respirer au moins jusqu’en 2019 ! Alors qu’ils étaient censés payer leur utilisation du réseau électrique en 2018, la CWaPE vient d’en décider autrement. Elle a ainsi annoncé qu’elle reportait d’un an l’entrée en vigueur de cette contribution, « dans l’attente de l’adoption par le parlement wallon du projet de décret relatif à la méthodologie tarifaire applicable aux gestionnaires de réseaux de distribution de gaz et d’électricité ».

Dans les faits, selon les propres dires de l’organisme, le cadre légal actuel « permet difficilement à la CWaPE de proposer une nouvelle méthodologie tarifaire pour 2018 ».

Une décision qui réjouit des milliers de consommateurs

En Wallonie, 121 000 consommateurs possèdent des panneaux photovoltaïques et utilisent actuellement le réseau. L’ASBL « Touche pas à mes certificats verts » (TPCV), qui les représente, s’est logiquement montrée satisfaite de cette décision. Elle a ainsi indiqué dans un communiqué que « contrairement aux dires du ministre wallon de l’Énergie (Paul Furlan, NDLR), l’impact de cette tarification serait majeur sur le budget des familles ayant investi dans leurs propres moyens de production ».

Par ailleurs, l’association compte suivre de près l’évolution du dossier. Elle promet qu’elle « sera très attentive dans les prochaines semaines aux débats et auditions qui sont prévus au sein du parlement wallon en vue d’adopter le projet de décret tarifaire qui devra justement permettre à la CWaPE d’instaurer ce tarif injuste et non prévu au moment de la prise en compte de l’investissement ».

Pour rappel, les détenteurs de panneaux solaires sollicitent le réseau dans deux cas. Ils en ont besoin pour prélever de l’électricité lorsque leur production ne suffit pas pour couvrir leurs besoins ainsi que pour injecter leur surplus d’énergie. Actuellement, ils ne participent pas totalement aux frais d’utilisation du réseau notamment grâce à la compensation dont ils profitent via le mécanisme du « compteur qui tourne à l’envers ».

Une compensation jugée trop généreuse

Le principe de compensation est assez simple : dès que les prosumers produisent de l’électricité et en injectent sur le réseau, leur compteur électrique tourne dans le sens inverse. Cela signifie qu’ils ne paient pas les kilowattheures (kWh) produits. Par ailleurs, lorsqu’ils injectent autant d’électricité qu’ils n’en prélèvent, leur compteur affiche zéro. Autrement dit, il est à l’arrêt. Le rapport avec les frais de réseau ? Ces derniers sont majoritairement facturés selon le nombre de kWh indiqués sur le compteur et deviennent donc quasi nuls. Et ce, malgré l’utilisation du réseau dans les deux sens par les prosumers.

Pour compenser le fait que ces derniers paient très peu de frais de réseau, les politiques ont décidé d’augmenter ces coûts pour tous les autres ménages. Une « situation injuste » selon la CWaPE qui compte donc leur demander une « contribution équitable ». Concrètement, la nouvelle méthodologie du régulateur fera en sorte que tous les consommateurs wallons paient leur sollicitation du réseau en fonction de l’électricité qu’ils prélèvent réellement. Cela veut dire qu’à l’avenir, cette valeur ne sera pas revue à la baisse pour ceux qui injectent également de l’électricité. D’où l’appellation « tarif de prélèvement ».

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