Les opérateurs télécoms belges sont-ils plus chers que leurs voisins ?

En matière de téléphonie mobile, les opérateurs belges pratiquent en moyenne des prix plus élevés qu'au Royaume-Uni. © iStock

En Belgique, nous dépensons une somme élevée chaque mois pour surfer sur internet et téléphoner. Mais payons-nous plus cher que nos voisins européens ? Pour répondre à cette question, l’IBPT a réalisé une étude comparative sur le niveau des prix des produits télécoms dans six pays. Relevons-en les points principaux.

Nous connecter à internet et utiliser notre téléphone, qu’il soit fixe ou mobile, a un coût. Nous ne le savons que trop bien lorsque nous recevons notamment notre facture GSM. Cependant, avant de nous apitoyer sur notre sort, vérifions que nous supportons en effet des tarifs élevés par rapport aux pays voisins. Pour ce faire, basons-nous sur une étude de l’IBPT, le régulateur télécom belge. Celle-ci reprend les coûts pratiqués en août 2015 en Belgique, aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, au Luxembourg et au Royaume-Uni.

Afin d’en comprendre les conclusions, passons en revue quelques éléments méthodologiques.

Un peu de méthodologie

Dans son analyse, l’IBPT a dressé plusieurs profils d’utilisateurs, établis selon les comportements des Belges en matière de téléphonie, et de catégories de produits similaires. Ces dernières ont été déterminées à partir de critères objectifs et s’appliquent à l’internet fixe et mobile ainsi qu’aux offres conjointes.

Afin de disposer d’une vue d’ensemble pertinente, le régulateur a pris le soin de sélectionner au minimum deux opérateurs par pays. Représentant une part de marché commune d’au moins 80 %, ils occupent une place importante là où ils sont implantés. Cependant, cela ne signifie pas qu’ils proposent les prix les plus compétitifs dans les pays en question. En effet, des petits opérateurs sont parfois moins chers que les plus gros.

Par ailleurs, il est important de noter que l’étude ne concerne que le marché résidentiel et que les prix examinés, TVA comprise, étaient valables en août 2015. En raison du dynamisme du marché des télécoms, ils sont certainement aujourd’hui dépassés. De plus, selon l’Institut, ils ont été pondérés en fonction de la parité du pouvoir d’achat (PPA), notre pays servant de point de référence. Pour information, cette parité permet de comparer le niveau des prix dans divers pays en prenant compte du coût de la vie à travers un ensemble de biens et services.

Autre point important : l’IBPT a retenu par opérateur le plan tarifaire le plus avantageux pour chaque profil. Pour cela, il est parti du principe du « consommateur rationnel ». Celui-ci désigne une personne qui prend l’initiative de comparer les prix et de souscrire l’offre la moins chère correspondant le plus à ses besoins. Mais dans la pratique, les consommateurs adoptant un tel comportement ne sont pas majoritaires.

Voici ce qu’il en est pour les principaux éléments méthodologiques. Si vous désirez tous les connaître, consultez directement l’étude comparative 2015 de l’IBPT. Notez également que dans ce guide sont uniquement repris les résultats pour les profils d’utilisateurs les plus représentatifs afin de dégager une synthèse concise.

Résultats par segment

1. La téléphonie mobile postpaid

Pour déterminer les coûts de ces plans tarifaires, l’IBPT a notamment considéré le tarif d’abonnement mensuel à payer ainsi que les minutes d’appel, les SMS et les données mobile qu’il contient. À savoir que les offres de vente couplée n’ont pas été prises en considération au sein de cette comparaison des prix.

En Belgique, le profil le plus représentatif pour un utilisateur mobile moyen correspond à 120 minutes d’appel, 200 SMS et 200 MB de données. Des chiffres équivalant à un appelant moyen et à une quantité moyenne de data. D’après l’IBPT, les consommateurs belges ont en moyenne chaque mois appelé durant 105 minutes, envoyé 166 SMS et utilisé 160 MB en 2014.

À titre indicatif, sachez que notre pays comptait fin 2014 60 % de clients postpaid contre 40 % prepaid.

Une position moyenne pour la Belgique

Concernant la téléphonie mobile postaid, un consommateur paiera en général moins en France et au Royaume-Uni. Les pays les plus chers ? Les Pays-Bas, le Luxembourg et particulièrement l’Allemagne.

Quant à notre pays, il se classe à la troisième place pour le profil 4, c’est-à-dire celui se rapprochant le plus de l’utilisation d’un consommateur belge. Comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-dessous, la différence de prix avec la France et le Royaume-Uni n’est pas très importante.

Comparaison des tarifs de téléphonie mobile en Belgique par rapport aux pays européens voisins.
Source : IBPT

Globalement, la Belgique conserve une position moyenne par rapport à ses voisins. Si les prix ont diminué chez nous entre 2012 et 2013, il en a été de même dans les quatre pays limitrophes. Par ailleurs, pour profiter des tarifs les plus intéressants, commencez par comparer les abonnements GSM.

Si vous êtes par contre un consommateur intensif, mauvaise nouvelle : vous payez plus en Belgique. Seule l’Allemagne pratique des tarifs supérieurs aux nôtres pour les abonnements « unlimited » (data d’au moins 2 GB et appels illimités).

Par ailleurs, notez qu’au sein de nos frontières, vous pouvez résilier votre abonnement GSM six mois après la conclusion du contrat. Une nette différence avec les autres pays étudiés qui imposent une durée minimale d’engagement d’un ou deux ans. Cet avantage pour les consommateurs belges peut cependant jouer en la défaveur de notre pays dans le cadre de cette comparaison de prix puisque la durée de contrat influence généralement les tarifs.

2. La téléphonie mobile prepaid

Dans cette catégorie, le régulateur belge a retenu les montants à recharger pour chaque forfait avec les minutes d’appel, SMS et données mobile qu’il propose. Il a été considéré que l’utilisateur effectue au moins une recharge par mois. S’il en réalise une deuxième, seule sa consommation additionnelle a été calculée et non le montant total de sa recharge supplémentaire.

Une diminution des prix dans plusieurs pays

En matière de téléphonie mobile prepaid, la Belgique occupe en général le milieu du classement (3/6). Alors que c’est au Royaume-Uni qu’un utilisateur prepaid déboursera le moins, il déchantera au Luxembourg et en France en raison des prix élevés qui y sont pratiqués pour la majorité des profils.

En 2014, la Belgique avait atteint en moyenne la deuxième position. Elle a donc reculé d’une place un an plus tard, faute à la forte baisse des prix constatée aux Pays-Bas et en Allemagne. Une diminution a toutefois aussi eu lieu chez nous mais elle fut plus légère.

Pour information, l’utilisation du prepaid est beaucoup plus répandue en Belgique que dans nos pays voisins.

3. La téléphonie fixe

L’IBPT a pris ici en compte le prix de l’abonnement ainsi que les coûts des minutes d’appel non comprises dans ce dernier. Aujourd’hui, la téléphonie fixe est très souvent incluse dans une offre conjointe. Cependant, l’Institut s’est concentré sur les plans tarifaires uniquement dédiés à la téléphonie fixe, choix empêchant l’accès à une large vue d’ensemble du niveau des prix.

Le profil le plus répandu au sein de la population belge coïncide avec une faible consommation, soit 25 appels/mois ou 95 minutes d’appel mensuelles.

Mieux vaut ne pas trop téléphoner en Belgique

Le profil 1, correspondant à un ménage moyen, est le plus répandu en Belgique. Malheureusement, notre pays n’est pas intéressant financièrement pour les consommations légères. Pour ce genre de profils, seuls les Pays-Bas et parfois le Royaume-Uni sont plus chers que nous. Au contraire du Luxembourg qui affiche à chaque fois le prix moyen pondéré le plus bas.

Moyenne des prix pour la téléphonie fixe en Belgique et dans les pays voisins.
Source : IBPT

Par contre, nos opérateurs se montrent favorables aux gros consommateurs. Preuve en est avec la première place que la Belgique obtient pour le profil coïncidant avec de nombreux appels effectués pendant les heures creuses et le week-end.

4. L’internet haut débit

L’IBPT a mesuré le coût d’un plan tarifaire en examinant plusieurs tarifs : l’abonnement, la location de la ligne et celle de l’équipement (ou son achat). Ni l’installation, ni l’activation n’ont fait l’objet d’une étude.

Selon le régulateur, le marché de l’internet est en train d’évoluer. En effet, les offres haut débit « standalone » séduiraient de moins en moins. Dorénavant, les consommateurs se dirigeraient vers des offres conjointes, rassemblant plusieurs produits télécoms auprès d’un même opérateur. Dès lors, l’IBPT fait remarquer que peu d’entreprises mettent encore à disposition une formule isolée pour l’internet.

Vous le savez sans doute, les offres internet se démarquent les unes des autres en termes de prix mais aussi en termes de vitesse. Plus le débit est important, plus la connexion est de qualité. À partir de ce constat, le régulateur télécom a décidé de répartir les offres en fonction de la vitesse de téléchargement indiquée. Attention, cette dernière doit être considérée comme la vitesse maximale pouvant être obtenue et non la vitesse réelle qui, elle, dépend de nombreux facteurs.

La Belgique obtient le meilleur résultat

L’IBPT a réussi à se procurer des résultats représentatifs uniquement pour la catégorie haut débit (de 30 Mb/s de données à 100 Mb/s). Les deux autres, celles du bas débit (vitesse < 30 Mb/s) et du très haut débit (vitesse ≥ 100 Mb/s), ne contenaient pas des plans tarifaires pertinents dans au moins trois des six lieux observés. Pas très étonnant quand on sait par exemple que seuls 18 % des abonnés belges à la large bande souscrivent un contrat internet « standalone ».

Si les tous les pays proposaient bel et bien des abonnements haut débit, ils n’ont pas tous pu être repris dans le graphique. La raison ? Les opérateurs sélectionnés devaient posséder ensemble une part de marché égale ou supérieure à 30 %. Une condition à laquelle satisfaisaient uniquement la Belgique, les Pays-Bas et la France.

Moyenne pondérée des prix par pays internet haut débit.
Source : IBPT

C’est chez nous que le prix moyen pondéré est le plus faible pour les formules réservées à l’internet haut débit. Viennent ensuite les Pays-Bas et la France.

Dans cette catégorie, la Belgique se distingue de ses voisins par la richesse de ses offres. En effet, en août 2015, tous les opérateurs belges commercialisaient ce type de produit alors qu’ils ne sont plus qu’un ou deux à encore le faire aux Pays-Bas et en France.

5. L’internet mobile

Dans son exercice de comparaison, l’IBPT s’est intéressé aux abonnements postpaid et offres prepaid pour les ordinateurs portables et tablettes (« SIM only », soit ventes couplées exclues). Les données mobile pour smartphones, accessibles au sein de tarifs comprenant également SMS et appels, sont reprises dans la section de la téléphonie mobile.

En Belgique, le taux de pénétration des données mobile sans trafic vocal (« dongles » et carte SIM pour tablettes) est très bas : 6,5 %. Un pourcentage bien plus faible que la moyenne européenne.

Pour cette section, plusieurs catégories de produits ont été établies sur base du volume internet mobile promis dans le plan tarifaire.

Des moyennes en faveur de la France et du Luxembourg

Les nouvelles sont plutôt bonnes pour ce segment. Le niveau des prix pour l’internet mobile « standalone » a baissé de façon conséquente en Belgique et dans les pays voisins. Alors qu’en 2014 un consommateur belge devait débourser environ 33,53 € pour un volume situé entre 2 GB et 5 GB, il ne devait le payer en moyenne plus que 18 € en 2015.

Cependant, ne nous réjouissons pas trop vite : malgré la diminution enregistrée, nous restons chers par rapport aux autres. Les pays les plus abordables ? La France, le Luxembourg et le Royaume-Uni.

Moyenne des prix par pays pour un volume élevé d'internet mobile.
Source : IBPT

Par ailleurs, pour un volume de données très élevé (5 GB < 10 GB), la Belgique obtient la moyenne pondérée la plus élevée : 34 €. Celle du Luxembourg ? 14,15 € !

6. Le multiple play

Au sein de cette section des offres multiple play existent plusieurs combinaisons de services. Toutes ont été traitées avec pour point commun de proposer le haut débit.

Le dual play

Le dual play regroupe l’internet et la téléphonie fixe ou l’internet et la télévision.

La France est de loin le pays le moins cher

La formule internet + TV n’existant qu’en Belgique et aux Pays-Bas, elle n’a pas fait l’objet d’une analyse par l’IBPT.

Concernant les offres internet + téléphonie fixe, elles sont présentes chez nous uniquement avec une vitesse située entre 30 Mb/s et 100 Mb/s. Lorsque aucun coût supplémentaire n’est facturé pour la téléphonie fixe, la Belgique se hisse à la troisième place (43,12 €) sur les cinq pays observés. Quant à la France, elle dispose du prix moyen pondéré le plus bas (34,15 €).

Par contre, dès que des coûts pour 25 ou 70 appels sont comptabilisés, la Belgique recule à la quatrième place. Dans les deux cas, la France conserve sa position de leader alors que le Luxembourg reste le pays le plus cher.

En tenant compte du profil de téléphonie fixe le plus représentatif chez nous, les opérateurs belges réclament en moyenne 50,36 € par mois à leurs clients.

Prix moyen par pays en matière du dual play (internet et téléphonie fixe)
Source : IBPT

Le triple play

Il s’agit des offres incluant l’internet, la télévision et la téléphonie fixe.

Les tarifs les plus élevés au Luxembourg

Dans la catégorie haut débit (de 30 à 100 Mb/s), la Belgique atteint la cinquième place (63,93€) lorsque aucun frais supplémentaire n’est de mise pour la téléphonie fixe. En dernière position arrive le Luxembourg et en première, la France (38,30€).

Mais intéressons-nous aux prix incluant le profil de téléphonie fixe type en Belgique. Cette fois, notre pays passe à la quatrième position et devient ainsi plus intéressant que les Pays-Bas et le Luxembourg.

Prix par pays en matière de triple play (internet, télévision, téléphonie fixe)
Source : IBPT

Avec une consommation de téléphonie fixe importante (70 appels), la Belgique arrive également à la quatrième position (74,06 €). À noter qu’en matière de triple play haut débit, la France est à chaque fois le pays le moins cher. À l’inverse du Luxembourg.

Quant au très haut débit, la Belgique occupe la quatrième place sur cinq toutes utilisations de téléphonie fixe confondues. Là aussi, les Français profitent des tarifs les plus attractifs. Pour limiter les dégâts sur votre facture, n’hésitez pas à comparer les abonnements internet en Belgique !

Moyenne des prix par pays en matière de triple play très haut débit
Source : IBPT

Le quadruple play

Comme son nom l’indique, cette catégorie rassemble quatre services souscrits auprès d’un même opérateur : l’internet, la télévision, la téléphonie fixe et la téléphonie mobile.

Le Royaume-Uni et la France se démarquent

Pour le haut débit, la Belgique se situe dans le milieu du classement (3/5) dans le cas où aucun coût d’utilisation supplémentaire pour la téléphonie fixe n’est comptabilisé. La moyenne belge ? 72,01 € par mois contre 48,82 € pour celle du Royaume-Uni, pays le moins cher. Entre les deux s’immiscent les Pays-Bas avec 70,09 €.

En passant 25 ou 70 appels, le plat pays remonte d’une place, prenant celle de son voisin du nord. Toutefois, ils restent tous deux très proches. Dans les trois configurations, l’autre partie du classement ne change pas : le Royaume-Uni monte sur la première marche du podium tandis que l’Allemagne et le Luxembourg ferment le classement.

Prix par pays en matière de quadruple play (internet, télévision, téléphonies fixe et mobile)
Source : IBPT

En matière de très haut débit, la Belgique ne décolle pas de sa troisième position. Elle est ainsi plus chère que la France et les Pays-Bas mais plus intéressante que l’Allemagne et le Luxembourg.

Le succès des offres conjointes

Selon l’IBPT, 68,4 % des Belges bénéficiaient d’une offre télécom conjointe fin 2014. Ce succès grandissant va de pair avec la diminution de la vente de produits « standalone », comprenant uniquement l’accès à un service. Par exemple, toujours fin 2014, seuls 17,8 % des abonnés à la téléphonie mobile avaient souscrit un contrat isolé. Pour la téléphonie fixe, le pourcentage augmente à 21 % et à 33,4 % pour la télévision numérique.

Par ailleurs, d’après une enquête réalisée par le régulateur télécom, l’offre conjointe la plus populaire chez nous serait le triple play classique (large bande, téléphonie fixe, télévision). 37 % des consommateurs disposant d’une formule combinée auraient ainsi opté pour cette configuration. Mais cette dernière n’est pas la seule appréciée puisque le quadruple play serait également assez plébiscité.

Conclusions de l’étude

Tous segments confondus, la Belgique se classe en moyenne au milieu du classement. Si la France et le Royaume-Uni sont généralement moins chers que notre pays, nous bénéficions très souvent de tarifs plus intéressants que les Allemands et les Luxembourgeois.

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