Depuis l’annonce du rachat par Total, Lampiris a perdu 20 000 clients

Les clients séduits par l'image verte de Lampiris ont désanchanté au moment de l'annonce du rachat du fournisseur par Total. © Pixabay

Depuis que Lampiris a annoncé son rachat par Total, son nombre de clients a dégringolé. Le fournisseur en compte désormais 20 000 de moins ! Pourtant, s’il confirme ce chiffre, il n’impute pas cette chute à cette opération financière.

Lampiris semble traverser une mauvaise passe. Selon La Libre et la DH, l’entreprise aurait perdu presque 21 500 contrats d’énergie (11 595 concernant le gaz et 9 896 concernant l’électricité). Pour expliquer ce phénomène, les deux quotidiens évoquent les réactions négatives à la suite de l’annonce de l’absorption du fournisseur par le géant français Total.

Une image verte écornée

Faisons un bref retour en arrière. Le 14 juin dernier, Lampiris révélait qu’il allait passer entre les mains de Total. Stupéfaction des consommateurs belges. Alors que le fournisseur avait jusque-là mis en avant sa volonté d’indépendance et de soutien à l’énergie verte, il en a déboussolé plus d’un. Et cela peut se comprendre au vu de la réputation pas toujours très glorieuse de Total. Grande compagnie pétrolière et gazière, la multinationale est souvent critiquée pour ses méthodes pas toujours respectueuses de l’environnement. Les réactions n’avaient dès lors pas tardé à apparaître sur les réseaux sociaux, les clients du fournisseur faisant part de leur mécontentement.

Face à cette situation, Lampiris avait pris le soin de rassurer ses clients en précisant que les moyens financiers de Total permettraient à l’entreprise liégeoise de devenir encore plus « verte ». Total souhaitant investir dans le renouvelable, elle allait ainsi notamment pouvoir construire ses propres parcs éoliens ou fournir des panneaux photovoltaïques. Cerise sur le gâteau, ce rachat n’allait pas avoir d’impact négatif sur les emplois dans la Cité ardente.

En septembre, tout semblait être rentré dans l’ordre au regard des propos tenus par Tom Van de Cruys, le CEO de Lampiris, auprès de « La Libre » :

« Les clients ont compris que nous avions besoin de moyens financiers pour changer les choses au niveau de la transition énergétique. Au bout du compte, nous avons gagné plus de clients que ce que nous en avons perdus. »

Pourtant, le dernier rapport de la CREG vient mettre à mal cette affirmation.

Des parts de marché en recul pour Lampiris

Les clients de Lampiris auraient-ils réellement oublié cette opération controversée ? Pas si sûr… Selon le régulateur fédéral de l’énergie, le fournisseur a perdu des parts de marché partout en Belgique. Que ce soit à Bruxelles, en Flandre, en Wallonie ou pour le gaz et l’électricité. Bien sûr, il est possible que les clients aient résilié leur contrat d’énergie pour d’autres raisons mais les chiffres sont là. Comparant la situation du 30 juin 2016 à celle du 30 septembre 2016, ils sont sans équivoque : la société a vu s’envoler presque 3 % de sa clientèle alors qu’elle avait prétendu être en progression sur la période.

Pas de lien avec Total selon le fournisseur

D’après La Libre, le rachat de Lampiris par Total n’explique pas à lui seul cette perte de clientèle. Lorsque l’analyse porte sur l’ensemble d’un semestre, elle dévoile que l’entreprise belge a perdu 68 181 clients depuis le 31 mars, soit 8 % de sa clientèle. Autrement dit, les consommateurs n’ont pas attendu l’annonce du rachat par Total pour rejoindre la concurrence.

Que pense Lampiris de tout cela ? S’il reconnaît cette tendance baissière, Olivier Lechien, responsable de la communication, nie tout lien avec le géant pétrolier.

« Nous avons perdu trois contrats d’achats groupés. La majorité des clients qui arrivent via un achat groupé quittent le fournisseur s’il ne remporte par le marché qui suit. En outre, nous n’avons pas observé de tendance négative depuis l’annonce du rachat par Total sur nos clients classiques. C’est plutôt notre positionnement prix qui influence les arrivées et les départs ainsi que les contrats d’achats groupés ».

Cependant, comme le signale La Libre, ces achats groupés d’énergie perdus avaient été lancés en Flandre et n’expliquent donc pas les pertes constatées à Bruxelles et en Wallonie.

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