Trafiquer son compteur électrique et/ou de gaz : quelles conséquences ?

Pirater un compteur d'énergie permet aux fraudeurs d'économiser des sommes importantes. © iStock

Désirant réaliser des économies, certaines personnes modifient leur compteur d’électricité et/ou de gaz. Pourtant, les conséquences peuvent être contraires à l’effet recherché en raison des lourdes sanctions encourues. Et pour ne rien arranger, les fraudes se répercutent financièrement sur les consommateurs honnêtes.

Simples tricheurs ou clients rencontrant de réelles difficultés financières, de nombreux Belges choisissent de trafiquer leur compteur pour éviter des factures d’électricité et/ou de gaz importantes. Rien qu’en Région bruxelloise, Sibelga dénombre chaque année entre 300 et 500 cas de fraude. La situation n’est pas plus réjouissante en Wallonie puisque en 2014, Ores a ouvert plus de 600 dossiers qui ont représenté un manque à gagner de 2,35 millions d’euros.

Ces chiffres sont élevés et pourtant, des solutions alternatives pour payer moins cher existent ! Vous pouvez par exemple profiter des offres plus compétitives des fournisseurs alternatifs ou encore réduire votre consommation d’énergie grâce à la domotique.

Si la fraude est décriée, c’est évidemment car elle est illégale. Mais pas seulement. En effet, ne pas payer l’énergie consommée coûte très cher au gestionnaire de réseau de distribution et donc indirectement à l’ensemble des consommateurs.

Des vols d’énergie interdits mais ingénieux…

Pour faire diminuer leur facture d’énergie, les clients malhonnêtes ne manquent pas d’imagination. En effet, malgré que le compteur soit en principe un appareil sécurisé, ils parviennent à mettre en place différentes méthodes frauduleuses. Les plus courantes ? Le trafic des compteurs au moyen d’une aiguille ou d’un aimant afin de bloquer ou ralentir la consommation d’énergie et le branchement direct au réseau en effectuant un raccordement en amont du compteur. En cas d’utilisation d’un compteur provisoire, là aussi, diverses techniques illicites sont employées.

Ce qui est inquiétant, c’est que ces dernières ne nécessitent pas toujours des connaissances pointues en électronique. Un brin bricoleuse et équipée d’un simple tournevis, une personne lambda est tout à fait capable de par exemple fracturer les plombs et de redescendre les chiffres de consommation. Ce genre d’entourloupe n’est évidemment pas discrète puisque les chiffres chutent subitement… Et pourtant, les gestionnaires de réseau mettent parfois des années à s’en rendre compte malgré les investigations de leur service anti-fraude et les relevés de compteur !

Une situation étonnante d’autant plus qu’ils ne sont pas les seuls à pouvoir s’apercevoir des manipulations réalisées. Des ouvriers peuvent très bien remarquer une anomalie lors de travaux, des policiers lors d’une enquête ou tout simplement les habitants du même immeuble et ainsi dénoncer leur voisin.

Se pose tout de même la question de savoir si tous les moyens sont bons pour payer moins cher car ces fraudes entraînent des risques importants. Une fuite de gaz peut survenir, tout comme des incidents sur le réseau électrique. Avec pour conséquence, une sécurisation plus du tout assurée.

…et qui coûtent cher aux clients honnêtes !

Si les fraudeurs non repérés profitent des économies réalisées, il n’en va pas de même pour tout le monde. En effet, leurs arnaques coûtent évidemment cher aux GRD mais également aux clients en règle.

Pour les premiers, cela semble évident. L’énergie distribuée mais non payée engendre inévitablement des pertes pour les GRD. Couplées aux pertes techniques qu’ils doivent supporter à cause de la déperdition progressive d’énergie et des pannes sur leur réseau, elles forment un sacré trou dans leur budget. La mauvaise nouvelle étant que pour récupérer ces sommes, les GRD doivent augmenter leur rémunération qui n’est autre que les coûts de distribution facturés à tous les titulaires d’un contrat de fourniture régulier.

Cela signifie les pertes non techniques dues aux vols d’énergie sont aussi assumées par les consommateurs s’acquittant honnêtement de leur facture d’électricité et/ou de gaz.

Quelles sont les sanctions financières encourues ?

Le vol d'énergie est puni par la loi.
© iStock

Lorsqu’ils détectent une arnaque, les GRD estiment le volume d’énergie fraudée et le facturent au client fautif en prenant les dispositions qui s’imposent. Cela peut nécessiter de porter plainte en justice même si Ores confiait en 2015 que généralement, il s’agit de consommateurs insolvables.

Par ailleurs, la somme réclamée pour le remboursement de la consommation impayée peut grimper en cas de dommage aux installations de comptage et/ou au raccordement. En effet, le GRD facturera alors au client l’ensemble des frais auquel il doit faire face. C’est-à-dire les frais techniques, administratifs ainsi que de remise en état du compteur et de remise en service du raccordement électrique ou au gaz naturel. Attention : cette dernière opération ne sera effectuée que si toutes les conditions sont respectées.

Mais ce n’est pas tout. Dans le cas où une procédure pénale est engagée par le GRD, le fraudeur encourra une amende de plusieurs centaines d’euros ainsi qu’une peine de prison.

Faire baisser sa facture légalement, c’est possible !

Nous vous le certifions : il existe des moyens légaux et efficaces pour réaliser des économies sur votre facture d’électricité et/ou de gaz. Vous souhaitez en connaître quelques-uns ? C’est parti !

  • Changez d’offre et éventuellement de fournisseur : pour payer moins, il faut comparer les offres d’électricité et de gaz, profiter des promotions et surtout, suivre régulièrement les tarifs ! La résiliation d’un contrat d’énergie est gratuite alors pourquoi ne pas être le plus mobile possible sur le marché ?!
  • Adoptez les bons réflexes : utilisez les programmes « éco » de vos appareils les plus énergivores, équipez-vous de multiprises avec interrupteurs, d’ampoules économiques et évitez de surchauffer votre logement (16°C suffisent dans les chambres et 19°C dans le salon).
  • Vérifiez quel type de compteur vous convient : avez-vous pensé au bihoraire ? En faisant fonctionner vos électroménagers pendant les heures creuses, vous bénéficierez d’un prix du kilowattheure attractif.
  • Ajustez votre consommation : grâce à des compteurs intelligents du type Linky, il sera possible à l’avenir de surveiller votre consommation en temps réel. À vous ensuite de réagir si vous la voyez grimper de façon importante.

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