Deutsche Bank ouvre son capital au Qatar

La Deutsche Bank au Qatar. Photo : Deutsche Bank

La banque allemande Deutsche Bank a surpris tout le monde en annonçant une nouvelle augmentation de capital géant de 8 milliards d’euros, après celle de 10 milliards d’euros déjà effectuée en 2010. Certes, une augmentation de capital était attendue mais pas de cette ampleur ni aussi rapidement.


Les derniers résultats trimestriels, à fin mars, avaient inquiété certains investisseurs car l’un des ratios les plus attendus, le “Core-Tier-1”, s’inscrivait en baisse par rapport à fin décembre 2013. Ce ratio rapporte la taille des fonds propres à la totalité des engagements financiers de la banque. Plus ce taux est élevé, plus la banque est considérée comme solide. Bien entendu, la solidité d’une banque ne peut se limiter à ce seul indicateur car si la notion de fonds propres est claire, celle d’engagements financiers ne donne aucune indication sur le risque de ces engagements. Néanmoins, c’est l’un des indicateurs les plus importants de la santé des banques. A la suite de la crise financière de 2009, les autorités Européennes ont imposé de nouvelles règles encore plus contraignantes pour les banques, sous le nom de Bâle III. Ces normes imposent un “Core-Tier-1” de 10% minimum en 2015. Grâce à cette opération, Deutsche Bank atteindra 11,8% contre 9,5% aujourd’hui. De quoi rassurer amplement les marchés et sans doute permettre à Deutsche Bank de se lancer dans de nouvelles opérations de croissance externe, peut être aux Etats-Unis.

L’autre information intéressante de cette levée de fonds est la nationalité des investisseurs. En effet, l’opération se décompose en deux parties : la première est un placement d’actions déjà effectuée auprès d’un fonds d’investissement, contrôlé par un membre de la famille royale du Qatar. La seconde est une augmentation de capital traditionnelle à laquelle pourront participer les actionnaires historiques de la banque en juin. Le fonds d’investissement du Qatar deviendra le premier actionnaire de la banque avec environ 6% du capital, pour un investissement de 1,75 milliard d’euros. Ce n’est pas la première fois que des fonds Qataris s’intéressent à des banques. Le fonds souverain du Qatar est en effet déjà actionnaire de Bank of America, Credit Suisse ou encore Barclays. Ce n’est pas non plus une découverte de l’Allemagne puisque le fonds souverain est déjà actionnaire à hauteur de 17% de Volkswagen.

On entend souvent dire que le cœur de l’économie est en train de partir vers l’Asie. Il semble que le Moyen-Orient ait envie aussi d’y prendre toute sa place !

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