La biomasse : les déchets transformés en énergie

L'énergie biomasse permet de produire de l'électricité notamment à partir de la combustion de bois et de la fermentation de résidus d'animaux. © Pixabay

Qu’est-ce que la biomasse ? Énergie renouvelable au même titre que le vent et le soleil, elle est neutre en carbone et fait l’objet d’un regain d’intérêt. Elle nous permet de produire de l’électricité et du biogaz, ce qui est un sacré avantage, mais elle comporte tout de même quelques inconvénients.

Les énergies renouvelables sont de plus en plus développées parce qu’elles sont non seulement inépuisables mais aussi très peu émettrices de gaz à effet de serre. Les particuliers ont davantage le réflexe d’investir dans des panneaux photovoltaïques mais vous allez le voir, la biomasse est aussi utilisée en Belgique et particulièrement en Wallonie.

Définition de la biomasse

La biomasse, c’est l’ensemble de la matière organique qui provient des végétaux (résidus alimentaires, bois, feuilles) ou des animaux (cadavres d’animaux, êtres vivants du sol). Elle peut donc trouver son origine dans les forêts, parcs et jardins, milieux aquatiques mais aussi dans les déchets des industries ou effluents d’élevage. À vrai dire, la liste peut être encore longue. Retenez simplement que la biomasse constitue une source d’énergie issue de tout ce qui pousse et ce qui vit !

Il existe trois formes de biomasse :

  1. Les solides (les bois énergie) ;
  2. Les liquides (biocarburant) ;
  3. Les gazeux (biogaz).

La valorisation de la biomasse, en fonction des matières et technologies utilisées, permet d’obtenir de l’électricité, de se déplacer et de se chauffer.

Comment la biomasse est-elle produite ?

Avant de nous intéresser brièvement aux procédés industriels, retraçons l’origine de cette véritable réserve d’énergie.

La matière organique étant celle fabriquée par les êtres vivants, elle a pour particularité d’être composée de carbone. Cet élément chimique joue un rôle essentiel et est présent dans le bois, les feuilles mais aussi dans la paille, les résidus alimentaires, le fumier… Cela veut donc dire que si la biomasse émet du CO2 lors de sa combustion, elle en stocke aussi en poussant !

En effet, les végétaux ont la faculté d’utiliser l’eau du sol, la lumière du soleil et le CO2 de l’air pour fabriquer, au bout d’une série complexe de réactions chimiques, de l’oxygène. Ce mécanisme, vous le connaissez bien sous le nom de la photosynthèse. Il est primordial pour permettre aux plantes de grandir mais aussi pour lutter contre le réchauffement climatique grâce à la capture du CO2.

La quantité de dioxyde de carbone rejetée lors de la combustion de la biomasse étant égale à celle absorbée par la plante durant sa croissance, l’impact sur l’environnement de ce type d’énergie est quasiment nul. Par ailleurs, tant que les ressources sont gérées de façon durable, elles sont considérées comme renouvelables.

Les technologies utilisées pour valoriser la biomasse sont de deux types :

  1. Les transformations thermochimiques (combustion, gazéification, pyrolyse) pour la biomasse sèche : dans le cas de la combustion, les déchets sont brûlés en produisant de la chaleur, de l’électricité ou les deux (cogénération) ;
  2. La bio-méthanisation pour les biomasses humides : il s’agit de la dégradation de la matière organique par des micro-organismes, autrement dit des bactéries, avec production d’un biogaz. Celui-ci ressemble au gaz naturel et est majoritairement composé de méthane.

Dans la famille de la biomasse sèche se trouvent les résidus de bois et la paille tandis que la biomasse humide rassemble le fumier, le compost, les boues d’épuration…

Les avantages de l’utilisation de la biomasse

Pourquoi utiliser la biomasse comme source d’énergie ? Tout simplement pour les raisons suivantes :

  • Elle est neutre en CO2 : l’absorption de CO2 par les végétaux par le biais de la photosynthèse est égale à la quantité libérée lors de la combustion ;
  • Elle est disponible partout et souvent en grande quantité : les activités humaines génèrent de nombreux déchets qui peuvent être réutilisés par la suite ;
  • Elle aide à la gestion des déchets solides : une quantité astronomique de déchets solides est produite quotidiennement, dont les déchets biodégradables. Lorsqu’ils sont réutilisés, ils satisfont deux demandes : la baisse de la pollution et l’augmentation des ressources énergétiques ;
  • Elle est inoffensive et sûre : l’éolien et le solaire dépendent de la météo. La biomasse est, elle, au contraire prévisible car elle peut approvisionner une centrale régulièrement. Cette dernière doit toutefois bien sûr être gérée de manière efficace, tout comme les stocks, pour que le système soit fiable ;
  • Elle est écologique : en général, elle est non toxique et ne présente pas de risque pour la santé des citoyens. Les résidus après conversion énergétique n’affectent pas la qualité des eaux et des sols de manière importante ;
  • Elle est renouvelable : elle l’est à la condition que les ressources soient utilisées durablement (par exemple, en plantant des arbres au fur et à mesure de l’abattage) ;
  • Elle peut être transformée en différentes sources d’énergie.

Les inconvénients de la conversion de la biomasse

  • Le rendement énergétique n’est pas très élevé ;
  • La surexploitation de la biomasse peut provoquer une déforestation importante, une pollution des eaux, l’érosion des sols… ;
  • Les coûts et les impacts sur l’environnement pour les éventuels transports ne sont pas négligeables ;
  • L’énergie de la biomasse est chère par rapport aux combustibles fossiles à cause des coûts dus à la recherche. Cependant, les progrès techniques devraient permettre de rendre cette technologie plus abordable.

La biomasse en Belgique

Chez nous, la biomasse est surtout développée en Wallonie et c’est le bois qui constitue la source d’énergie renouvelable la plus utilisée. Le SPW a révélé en 2015 que « près de 25% des ménages wallons utilisent d’une façon ou d’une autre le bois comme source énergétique dans leur habitation ». Ils consomment par exemple des bûches, des pellets ou des plaquettes pour se chauffer.

Notre pays dispose de plusieurs centrales biomasse dont celle de Rodenhuize Max Green, située dans le port de Gand. Gérée par Engie Electrabel, elle est dotée d’une puissance de 215 MW, ce qui fait d’elle actuellement la plus grande unité biomasse du pays. Elle est capable de couvrir la consommation d’électricité de 320 000 ménages.

Toujours à propos de centrale biomasse, la multinationale Veolia a annoncé en octobre 2015 qu’elle exploitera la future centrale biomasse de BEE qui se trouvera dans le port de Gand. Elle bénéficiera d’une puissance de 215 mégawatts, devenant « l’une des plus importantes en Europe » selon le groupe français. La centrale produira de l’électricité à partir de copeaux de bois venant d’Afrique du sud et des États-Unis. Cette énergie sera ensuite vendue à des industriels et le surplus sera destiné à la bourse de l’électricité. Le gouvernement flamand s’est par ailleurs engagé à distribuer des certificats verts pour cette production.

Début de la construction de la centrale prévu « au premier trimestre 2016 » et fin programmée trois ans plus tard. Enfin, cette centrale imposante aura pour mission d’assurer 2 % de la production d’électricité en Belgique et d’approvisionner ainsi 450 000 ménages.

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